Les violences basées sur le genre (VBG) sont tout acte de violence dirigé contre une personne en raison de son genre. Elles peuvent être physiques, sexuels, psychologiques ou économiques. Elles sont enracinées dans des inégalités de pouvoir, des stéréotypes de genre, et constituent une violation des droits humains. Les femmes et les jeunes filles en sont souvent victimes, mais les hommes également n’en sont pas épargnés. Malgré les efforts dans la lutte contre les VBG des difficultés existent au niveau du traitement juridictionnel. Ces difficultés sont liées à l’appréciation juridique des faits, à la gestion des preuves, à l’application du protocole national de prise en charge des VBG. A celà s’ajoute l’absence d’un cadre harmonisé de collecte et de gestion des données; ce qui limite, la capacité de production de statistiques fiables. Les enjeux sont énormes et les initiatives se multiplient afin de venir à bout de ce phénomène contraire non seulement à nos pratiques ancestrales, mais aussi qui portent atteinte aux valeurs et droits humains.
Dans cet esprit le ministère de la justice chargé des droits humains en collaboration avec le PNUD ont initié deux sessions de formation à l’intention des acteurs de la chaîne pénale des tribunaux des cours d’appel de Lomé et de Kara. Après la première session qui a eu lieu les 11 et 12 Novembre 2025 à Kpalimé pour le compte des acteurs de la cour d’appel de Lomé, Kara a accueilli les 13 et 14 novembre 2025 la seconde session de formation.
L’initiative de ces sessions s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement de la participation et du leadership des femmes« . Il s’agit à travers ces rencontres de formation de doter les acteurs de la chaîne pénale d’outils techniques, juridiques et pratiques pour une meilleure application du cadre normatif et institutionnel de lutte contre les VBG. Il est aussi question de poser les bases d’un cadre harmonisé de collect et d’analyse des données statistiques en lien avec l’enregistrement des cas au sein de l’appareil judiciaire. Le représentant du garde des sceaux, ministre de la justice et des droits humains, procureur général près la cour d’appel de Kara, ALI Essodon a insisté sur l’aspect régulier et fiable des données et statistiques judiciaires qui, a-t-il dit, sont indispensables pour mesurer les progrès des acteurs de justice, évaluer l’impact de leurs actions qui permettent d’orienter les politiques publiques en matière de lutte contre les VBG.
Au nom du gouvernement, ALI Essodon a exprimé la gratitude au PNUD et à l’ensemble du système des Nations-Unies pour leur engagement constant en faveur de la modernisation du système judiciaire togolais.
Le PNUD était représenté par Claire Lebreuilly, chargée de la prévention des conflits et de la cohésion sociale. Elle a situé le contexte de ces ateliers avant d’exprimer les attentes de son institution. Pour le PNUD les participants à l’issue de ces sessions devraient être en mesure d’aplanir les difficultés auxquelles ils font face en matière de traitement des cas de VBG, d’adapter les réflexions basées sur le genre au bénéfice des femmes vulnérables, notamment celles handicapées, veuves et celles vivant en zone rurale. Le PNUD souhaite enfin que ces sessions permettent au Togo de disposer désormais d’une base de données dans le domaine des VBG.