La Commission nationale des frontières maritimes du Togo, CNFMT, a tenu le vendredi 27 février 2026 à Lomé, une conférence de presse consacrée au différend relatif à la délimitation de la frontière maritime avec le Ghana, à la suite de la décision d’Accra de recourir à une procédure arbitrale internationale.
Face aux professionnels des médias, le négociateur en chef togolais, Dammipi Noupokou, et le ministre de l’administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, Hodabalo Awaté, ont retracé l’historique des discussions engagées entre le Togo et le Ghana, tout en précisant la position officielle des autorités togolaises.
Selon M. Noupokou, les pourparlers formels ont été amorcés en juin 2018, à la suite d’incidents maritimes survenus entre novembre 2016 et mai 2018 dans l’espace maritime commun aux deux pays. Animés par la volonté d’éviter toute escalade, Lomé et Accra avaient privilégié la voie du dialogue bilatéral, conformément aux principes consacrés par l’Organisation des Nations-Unies notamment à travers la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer.
Entre juin 2018 et décembre 2020, onze sessions de négociation se sont successivement tenues à Lomé et à Accra. Ces travaux techniques ont permis des avancées substantielles, notamment un consensus sur le point de départ de la frontière maritime, l’identification de la ligne de base pertinente ainsi que l’adoption d’une carte de référence commune.
Toutefois, des divergences sont apparues au moment de l’application pratique des principes de délimitation. Le principal point d’achoppement concerne l’ajustement de la ligne théorique issue des calculs techniques. Selon le négociateur en chef, la projection initiale aboutissait à priver le Togo d’un accès direct à la haute mer, une situation jugée inacceptable au regard des intérêts stratégiques et économiques du pays.
L’ autre sujet sensible porte sur le statut juridique d’une zone de rade utilisée par les navires en attente d’accostage au port, dont l’interprétation diffère entre les deux parties.
Alors que les discussions devaient se poursuivre, notamment après des changements intervenus au sein de la commission ghanéenne, les autorités togolaises ont été notifiées de la décision d’Accra de saisir une juridiction arbitrale internationale afin de trancher le différend de manière définitive.
Dans sa déclaration, le Colonel Hodabalo Awaté a indiqué que le gouvernement togolais prend acte de cette initiative, soulignant qu’elle s’inscrit dans les mécanismes prévus par le droit international pour le règlement pacifique des différends. Il a rappelé que la Charte des Nations-Unies et la Convention sur le droit de la mer privilégient expressément le recours aux voies juridiques et diplomatiques.
« Le Togo abordera cette nouvelle étape avec responsabilité, sérénité et fermeté, dans le plein respect de ses droits souverains et de ses intérêts légitimes », a-t-il assuré. Il a réaffirmé l’attachement de Lomé aux principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’exécution de bonne foi des engagements internationaux.
Interrogé sur les implications diplomatiques de cette procédure, Dammipi Noupokou a rassuré que le recours à l’arbitrage constitue un mécanisme prévu par les textes et ne saurait altérer la qualité des relations bilatérales entre les deux pays.
S’agissant de la stratégie togolaise, le négociateur en chef a insisté sur la nécessaire confidentialité des arguments juridiques et techniques qui seront soumis aux arbitres, tout en affirmant que le Togo dispose d’analyses solides et rigoureusement étayées.
Pour le Togo, l’ouverture de cette procédure marque une nouvelle phase dans le règlement du différend maritime, à conduire dans un esprit de responsabilité, de coopération régionale et de stricte conformité au droit international.