Des députés à l’Assemblée nationale ont clôturé, le vendredi 29 août 2025 à Kpalimé, un atelier national d’échanges de trois jours dédiés aux Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR).
L’initiative, est organisée par la direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME) du ministère de la santé et de l’hygiène publique, en collaboration avec Ipas Afrique Francophone et l’association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF).
Elle vise à renforcer la compréhension collective des parlementaires et leur engagement pour un environnement législatif plus favorable à l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive au Togo.
Les DSSR constituent un levier essentiel pour réduire les inégalités de genre et atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Malgré la ratification du Protocole de Maputo en 2005 et l’adoption de la loi sur la santé de la reproduction en 2007, le cadre légal togolais demeure incomplet. L’absence de décrets d’application, combinée aux barrières juridiques et socioculturelles, compliquent l’accès effectif aux services, notamment à l’avortement sécurisé, autorisé uniquement dans des cas spécifiques (viol, inceste, danger pour la mère ou le fœtus).
« Chaque année, des milliers de femmes et de filles se retrouvent dans des situations de détresse, souvent dans le silence et parfois au péril de leur vie », a rappelé Mme Noélie Koevi-Koudam, directrice exécutive de l’ATBEF, soulignant que les lois existantes, sans application concrète, « restent des promesses non tenues ». Pour elle, la présence des députés à cet atelier constitue une « opportunité historique » de transformer ces engagements en actes.
Le Dr Abram Amétépé Agossou, directeur de la DSME, a dressé l’état des lieux encourageant mais contrasté. « Malgré les résultats du Togo en matière de santé, le pays n’atteindra pas les ODD en 2030 si des mesures fortes ne sont pas prises pour lever les obstacles logistiques, infrastructurels et surtout réglementaires ». Le médecin a pointé du doigt les avortements clandestins, « favorisés par l’absence de textes d’application », qui continuent de coûter la vie à des femmes.
Le directeur de cabinet de l’Assemblée nationale, Kissao Tchourou, représentant le président de l’institution, a salué l’engagement des partenaires et rappelé le rôle du Parlement. « Le renforcement du cadre législatif en matière de santé sexuelle et reproductive n’est pas une démarche isolée, a-t-il déclaré. Il s’inscrit dans la vision du gouvernement d’assurer à chaque citoyen un accès universel aux soins, dans le respect de la dignité humaine et de légalité des chances».
Il a invité les députés à « agir pour lever les tabous, sensibiliser les populations et promouvoir une culture d’ouverture et de respect ».
Pendant les trois jours de travaux, les députés ont suivi des exposés thématiques, analysé des études de cas, débattu en groupes de travail et participé à des exercices de clarification des valeurs sur l’avortement pour l’action et la transformation (CVAT). L’objectif était de parvenir à des recommandations concrètes pour améliorer l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, en phase avec les engagements internationaux du Togo.