L’Université de Kara a accueilli, le 14 novembre 2025, un webinaire sur le rôle des médias en période de crise, animé par le Dr Amekoudji Anomou et M. Lemgo Kokouvi Michel. Organisé par l’Observatoire togolais des médias (OTM) et financé par l’Union européenne, cet événement a mis en lumière les enjeux sociétaux, les défis éthiques et déontologiques, ainsi que la nécessité d’un journalisme de solution pour accompagner la société dans la cohésion et la résilience.
Les crises, qu’elles soient politiques, économiques, sanitaires, sécuritaires ou environnementales, bouleversent la société et mettent les médias face à une responsabilité accrue. C’est dans ce contexte que l’Université de Kara a organisé un webinaire sur le thème « Les médias en période de crise : enjeux sociétaux et responsabilités journalistiques », suivi en ligne par des professionnels des médias du Togo.
La conférence a été animée par Dr Amekoudji Anomou, enseignant-chercheur et directeur de la communication et du protocole à l’Université de Lomé, et M. Lemgo Kokouvi Michel, ancien rédacteur en chef à Radio Kara. L’initiative, financée par l’Union européenne, vise à promouvoir la liberté d’expression et à renforcer le rôle social et éthique des journalistes.
Saluant l’initiative, le président de l’OTM, Fabrice Petchezi, a rappelé que dans un monde secoué par des conflits, des crises sécuritaires et des tensions politiques, « il nous faut un journaliste responsable ».
Il a souligné que le Togo lui-même n’échappe pas aux défis sécuritaires, notamment au nord du pays, frappé par des attaques terroristes.
Selon lui, les journalistes doivent être suffisamment formés et préparés pour couvrir ces situations sans attiser la peur ni aggraver les divisions sociales.
Les intervenants ont rappelé que la crise est un événement susceptible de provoquer l’instabilité et le désordre, pouvant prendre plusieurs formes : crise sociopolitique, tensions électorales, contestation sociale, menaces sécuritaires, pandémies, catastrophes naturelles, cybercriminalité ou propagation de rumeurs.
Ils ont souligné que le journaliste doit être capable de détecter les signes avant-coureurs de ces crises, souvent complexes et multidimensionnelles, afin d’assurer une couverture équilibrée et responsable.
Pour Dr Amekoudji, l’information est un souffle vital pour la société, et le journaliste devient un acteur social majeur en période de crise. Il peut soit apaiser les tensions, soit enflammer les peurs et divisions, selon sa rigueur et son éthique.
« Informer en période de crise, c’est participer à la gestion sociale de l’incertitude », a-t-il affirmé, en insistant sur l’importance de vérifier les sources, contextualiser les informations et refuser les discours de haine.
La tentation de publier rapidement, surtout sur les médias numériques et réseaux sociaux, est un défi majeur. M. Lemgo a rappelé que les journalistes doivent résister aux pressions politiques, économiques et communautaires et maintenir leur indépendance pour garantir la crédibilité de l’information.
Il a insisté sur le respect des principes fondamentaux : protéger les victimes, respecter la présomption d’innocence, éviter les formulations sensationnelles et privilégier un langage précis.
M. Lemgo a alors proposé un journalisme de résilience, qui ne se limite pas à relayer les faits, mais accompagne la société dans sa reconstruction. En situation de crise, les médias doivent donc rendre compte des impacts des crises sur la vie des populations, montrer les initiatives locales de résolution et de dialogue, privilégier les médias de proximité, vecteurs d’appropriation communautaire et de changement social.
Ce webinaire a mis en évidence que l’information est un outil de cohésion sociale. En période de crise, un journalisme responsable, éthique et contextualisé peut contribuer à préserver la paix, renforcer la démocratie et soutenir la résilience sociale.
Les participants ont salué l’initiative, qui appelle à une formation continue et à la promotion d’un journalisme de solution, essentiel pour accompagner les sociétés africaines dans la compréhension, la résolution et la reconstruction après les crises.