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Les filles et fils de la préfecture de Tchaoudjo ont célébré le 10 janvier 2026 à Sokodé, l’édition 2026 de leur fête traditionnelle Adossa-Gadao. C’était en présence du ministre-conseiller à la Présidence du Conseil, M. Pascal Akoussoulèlou Bodjona, représentant personnel du Président du Conseil, des membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée nationale, des sénateurs, des gouverneurs, des maires, des cadres de Tchaoudjo et des chefs traditionnels et religieux.
Placée sous le thème : « Patrimoine culturel Tem, levier de développement et de cohésion sociale », l’édition 2026 de la fête traditionnelle Adossa-Gadao a connu une forte mobilisation des filles et fils de Tchaoudjo.
A l’occasion, le représentant du Président du Conseil, le ministre-conseiller, Pascal Akoussoulèlou Bodjona, a indiqué que le thème de cette édition 2026 : « Patrimoine culturel Tem, levier de développement et de cohésion sociale », rappelle une vérité simple mais essentielle : un peuple qui oublie sa culture se fatigue à chercher son avenir.
« Dans nos réalités quotidiennes, la culture n’est pas un discours abstrait. Elle s’exprime à travers nos langues, nos rites, nos tissus, nos chants et nos gestes. Elle se trouve dans la manière dont nous réglons les conflits, dont nous éduquons les enfants et dans le respect que nous accordons aux anciens », a-t-il rappelé. Pour le ministre-conseiller Bodjona, préserver la culture, c’est préserver l’équilibre social. La valoriser, c’est créer des opportunités économiques. La transmettre, c’est garantir la paix de demain. Il a, à cet effet, salué la pertinence du thème qui est une exhortation, non seulement, à une sauvegarde, mais également à une exploitation responsable de l’héritage culturel pour un développement durable des communautés.
Le ministre Bodjona a également rappelé que le développement ne se décrète pas ; il se construit patiemment sur des valeurs solides et des communautés apaisées. C’est pourquoi, il a invité tous les fils et toutes les filles de Tchaoudjo à toujours cultiver la tolérance, l’entraide et la solidarité des valeurs cardinales pour une paix durable, condition indispensable à tout développement harmonieux.
Le président de comité d’organisation, M. Agrignan Yérima, a remercié le Prisident du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé qui a fait de la culture togolaise un champ fertile, propice à l’éclosion des talents capables de développer le pays dans tous ses aspects. Selon lui, la fête traditionnelle Adossa-Gadao est un patrimoine qui fait appel à l’idée d’un héritage légué de générations en générations, et qui doit être transmis aux générations futures. « Elle demeure un important vecteur de notre culture qui englobe nos valeurs, nos croyances, nos coutumes, et notre tradition. Elle est le reflet de notre histoire », a-t-il précisé.
Pour le président du comité d’organisation, le patrimoine Tem ne doit pas s’arrêter aux monuments et aux collections d’objets gardés dans les musées. Il doit comprendre également les expressions vivantes héritées de leurs ancêtres et transmises à leurs descendants.
« Je veux parler de la tradition orale, des arts du spectacle, des pratiques sociales rituels et des événements festifs », a-t-il dit.

Histoire de Adossa-Gadao

Adossa-Gadao est la fusion de deux fêtes communautaires, à savoir Gadao, la fête des moissons chez les Tem. Cette fête rappelle l’épopée des Gourma installés depuis le VIIè siècle dans les montagnes de l’Atakora pour fonder le village de Tabalo.
Ils se sont assimilés linguistiquement aux autochtones pour former le clan Mola avant de se répandre dans la plaine pour fonder les villages de Kpangalam, Tchavadi, Kadambara, Kparatao, Yélivo, Bruni, Dibouidè et un peu plus au nord Kigbafilo et Daoudè. Au bout de quelques générations, tous ces peuples sont devenus les mêmes, parlent la même langue mais ont gardé leur identité et se distinguent seulement par leur clan. Tabalo est donc le village où s’installa Gadao qui reste toujours l’ancêtre des Mola. Ce village est situé au nord-ouest entre Sokodé et Bassar.L’ancêtre Gadao aurait disparu de façon mystérieuse. D’après la tradition, il rassembla un jour, ses fils et leur annonca qu’il est temps, qu’il rejoigne ses ancêtres dans l’au-delà. A ces paroles, il commença à s’enfoncer en terre. Les enfants se précipitèrent pour le retenir, malheureusement, ils ne purent sauvegarder que le chapeau royal grâce à l’alerte de sa dernière épouse du clan Daro.
Cet endroit est devenu un point d’eau intarissable. Ainsi, tout nouveau chef supérieur (OURO-ESSO) est, à partir de ce moment, lavé de cette eau à son intronisation afin de bénéficier des pouvoirs du patriarche Gadao. Dès lors, ce mystère se célèbre tous les ans pour lui rendre hommage et remercier Dieu pour les bonnes récoltes.

Adossa, quant à elle, est la danse des couteaux. Une fête qui se déroule au cours du 3è mois lunaire islamique « GAANI » qui signifie en Tem, mois de réjouissance pour célébrer l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet.
L’histoire religieuse révèle que le dernier prophète Mahomet, allait naître Israélien ou Juif. Mais au grand étonnement des Juifs et des Israéliens qui attendaient cet important événement, il naquit Arabe. Une grande jalousie s’installa alors dans les rangs vis-à-vis des Arabes Musulmans. Ces derniers pour protester, ont manifesté de diverses manières afin de montrer leur colère et leur bravoure ; d’où la danse avec les sabres et les couteaux. Cette tradition est introduite à Tchaoudjo depuis bien longtemps par les Touré et Traoré venus du Mali.

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