Le gouvernement intensifie la lutte contre la fraude et le commerce illicite avec l’ouverture de la première antenne régionale de la Commission chargée du suivi de l’exécution du contrat entre l’État togolais et SICPA SA.
Cette représentation à Kara marque le début d’un déploiement national destiné à renforcer le contrôle du marquage fiscal des produits et à sécuriser davantage les recettes publiques.
La cérémonie s’est déroulée le mercredi 15 juillet 2026, en marge des festivités des Evala 2026.
Le président de la Commission, M. Esso-Wavana Ahmed Adoyi s’est inspiré des luttes traditionnelles Evala pour justifier le choix de la ville de Kara.
« Les Evala enseignent qu’on ne grandit pas par les discours, mais par l’épreuve du terrain. La lutte que nous menons contre la fraude obéit à la même loi : elle se gagne sur le terrain », a-t-il déclaré devant les autorités administratives, sécuritaires et les opérateurs économiques.
L’ouverture de cette antenne répond à une réalité préoccupante.
Selon les chiffres présentés par la Commission, le taux de conformité au marquage fiscal atteint 65 % dans le Grand Lomé, contre 10 à 40 % dans les régions de l’intérieur.
« Là où la Commission est présente, la règle est respectée ; là où elle ne l’est pas, la fraude prospère », a affirmé le président de la Commission, estimant que cette situation justifie le déploiement progressif d’antennes régionales à travers le pays.
Basée dans les locaux de la Division régionale des opérations douanières de Kara, la nouvelle équipe aura pour mission de contrôler le marquage des produits soumis à l’obligation, de sensibiliser les opérateurs économiques et de transmettre les informations au siège.
Le président de la Commission a également rappelé l’entrée en vigueur de trois arrêtés interministériels signés le 25 juin 2026, qui renforcent le dispositif de contrôle.
Depuis le 1er juillet, le marquage des produits pétroliers est devenu obligatoire, tandis que les contrevenants encourent désormais des amendes comprises entre 50 000 et 10 millions de francs CFA. Tout en privilégiant la sensibilisation, la Commission se montre ferme.
« La Commission n’a aucun goût pour la sanction. Mais elle l’appliquera chaque fois qu’il le faudra », a prévenu son président.
Pour la Commission, le marquage fiscal dépasse le simple contrôle administratif.
« Un produit non marqué, c’est une part du bien commun qui s’évapore », a insisté le président, rappelant que les recettes issues de ce mécanisme contribuent au financement des écoles, des centres de santé et des infrastructures publiques.
À l’endroit des opérateurs économiques, il a lancé un appel à l’adhésion: « La vignette est votre alliée. Elle vous protège de la concurrence déloyale ; elle protège vos clients contre les produits frauduleux ou dangereux ».
Après Kara, d’autres antennes régionales devraient être mises en place afin d’étendre le dispositif de contrôle sur l’ensemble du territoire national.