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Une nouvelle dynamique s’ouvre entre le monde universitaire et le secteur aéroportuaire togolais. Une délégation de l’Université de Kara conduite par sa présidente, la Professeure Prénam Houzou-Mouzou, a effectué une visite de travail à la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), gestionnaire de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIGE). Objectif, nouer une coopération appelée à rapprocher davantage la formation universitaire des besoins d’un secteur aéronautique en pleine transformation.
Les échanges ont porté sur la formation, le partage d’expertise, la recherche et le développement ainsi que l’employabilité des jeunes diplômés. Le but est d’adapter les formations universitaires aux réalités d’une industrie aéroportuaire soumise à des exigences croissantes en matière de normes internationales, de digitalisation, de sûreté, de gestion des flux et de performance opérationnelle.
Dans cette perspective, la SALT pourrait devenir un véritable terrain d’application pour les étudiants de l’Université de Kara, à travers des stages, des immersions professionnelles, des projets de fin d’études et des travaux de recherche. En retour, l’Université entend mettre son potentiel scientifique et ses compétences au service des problématiques auxquelles est confrontée la plateforme aéroportuaire de Lomé.
Cette démarche intervient alors que la SALT et l’AIGE occupent une place de plus en plus stratégique dans l’économie togolaise. Créée en 1987, la SALT est chargée de la gestion, de l’exploitation et du développement des infrastructures aéroportuaires de Lomé et de Niamtougou. L’AIGE est aujourd’hui devenu une plateforme majeure de connexion en Afrique de l’Ouest, notamment grâce à la présence d’ASKY et à l’activité d’Ethiopian Airlines. En 2025, l’aéroport de Lomé a enregistré 1 584 188 passagers, dont 465 741 en transit, ainsi que 18 226 mouvements d’aéronefs et 17 354 tonnes de fret.
Cette montée en puissance s’inscrit dans une ambition engagée depuis plusieurs années par les premiers responsables du pays et poursuivie aujourd’hui sous le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé : faire de Lomé une plateforme aérienne compétitive, capable de soutenir les échanges, la mobilité régionale et l’intégration économique africaine. La modernisation de l’aérogare, l’extension des capacités d’accueil, le développement du fret et l’augmentation des capacités de stationnement des avions participent de cette stratégie. À l’horizon 2045, la plateforme vise cinq millions de passagers.
L’ambition dépasse désormais le simple accueil des voyageurs. En juin 2026, lors de la première Convention et Exposition africaines du transport aérien à Lomé, Faure Essozimna Gnassingbé a plaidé pour une meilleure connectivité aérienne du continent, le développement du fret et la constitution d’une base aéronautique africaine plus innovante, durable et créatrice d’emplois qualifiés.
Le développement de l’écosystème aéronautique togolais illustre cette orientation. Un projet de centre de maintenance aéronautique porté par ASKY et Ethiopian Airlines doit voir le jour à Lomé, avec un investissement annoncé de 100 millions de dollars. La plateforme doit également accueillir un simulateur de vol Boeing 737 MAX destiné à la formation des pilotes.
La coopération entre l’Université de Kara et la SALT prend ainsi une dimension particulière. Elle vise à accompagner la croissance d’un secteur qui aura besoin de compétences dans l’ingénierie, la logistique, la gestion aéroportuaire, le numérique, la sûreté, l’énergie, le transport et les services aux passagers.
Pour la Professeure Prénam Houzou-Mouzou, l’enjeu est de rapprocher davantage l’Université des réalités professionnelles. Pour la SALT, il s’agit aussi de préparer les compétences dont aura besoin une plateforme qui ambitionne de consolider son statut de hub régional. La rencontre entre les deux institutions pourrait ainsi constituer le point de départ d’un partenariat durable, où les amphithéâtres de Kara contribuent directement aux performances et aux innovations du tarmac de Lomé-Tokoin.
À travers cette ouverture du monde universitaire sur l’aéroport, le Togo poursuit ainsi une logique déjà engagée : faire des infrastructures stratégiques non seulement des outils de mobilité et d’échanges, mais également des espaces de formation, d’innovation et de création d’opportunités pour la jeunesse togolaise.

Septentrional
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